Le coin de l’externe

Les FINO, ou l’austérité dans nos frais de scolarité

Depuis le trimestre d’automne 2015, de nouveaux frais se sont ajoutés à la facture étudiante : les frais institutionnels non obligatoires (FINO). Ces frais sont apparus dans un contexte bien particulier, qui sera détaillé ici.

Les FINO, c’est quoi?
Les frais institutionnels non obligatoires sont composés, d’une part, des Frais technologiques, qui visent à maintenir des services tels que l’accès à Internet sans fil et à une boîte de courrier électronique spécifique à l’Université et, d’autre part, du Fonds de maintien à la communauté étudiante, qui soutient « des besoins diversifiés au niveau des services pour la communauté étudiante, des stratégies de développement durable et d’internationalisation et un soutien financier sous différentes formes (1)».

Les FINO ont été introduits dans les factures étudiantes à la session d’automne 2015 et sont récurrents à chaque trimestre. La mesure a été instaurée pour une période de trois ans, suite à laquelle la mesure sera sujette à révision.

Cette mesure a été introduite pour pallier une partie des compressions budgétaires subites à l’Université dans un contexte d’austérité et imposées par le gouvernement du Québec. Pour l’année 2015-2016, ces compressions budgétaires se matérialisaient par un montant de 25,8 M$ à combler. De plus, l’équilibre budgétaire est la voie qu’a privilégiée l’Université, sans laquelle elle se voyait amputer une subvention conditionnelle de 23 M$.

Bref, pour la communauté étudiante, les FINO représentent 52,50$ de plus sur la facture étudiante par trimestre.(1)

Pourquoi on est contre?
Comme mentionné plus haut, l’instauration des FINO s’est produite dans un contexte d’austérité. S’opposer au FINO, c’est une façon de montrer que nous n’acceptons pas l’austérité, et que l’on n’accepte pas que l’Université se plie devant le gouvernement devant des compressions d’une telle ampleur. En refusant de payer les FINO, nous montrons à l’Université que nous aurions voulu qu’elle démontre plus de fermeté devant le gouvernement et qu’elle montre un réel désir de combattre la fragilisation du tissu social, conséquence considérable des mesures d’austérité aussi drastiques que celles mises en place par le gouvernement du Québec et dont les impacts dépassent le seul cadre des universités.

Les FINO sont aussi d’une façon subtile d’augmenter les frais de scolarité, et de s’engouffrer plus profondément dans une logique de privatisation, logique qui déjà à la base est nocive dans une société, mais dont les répercussions sont plus flagrantes pour la partie plus précaire de la population, dont fait partie la communauté étudiante.

On parle de moins en moins des mesures d’austérité ces temps-ci, et le gouvernement commence à réinjecter de l’argent dans quelques-uns des secteurs qui ont vu leur budgets et subventions amputer dans les dernières années. Pourquoi alors continuer à refuser de payer les FINO? C’est, en partie, pour refuser ce cycle de stratégie électorale utilisée actuellement par le gouvernement, qui consiste à se faire du capital politique lorsqu’arrive la saison électorale et à faire oublier la population les mesures austères des années précédentes.

Comment on les enlève de notre facture?
Pour se désister des FINO, vous n’avez qu’à cliquer sur ce lien et suivre les instructions : https://www.usherbrooke.ca/etudiants/services-administratifs/frais-scolarite/fino/desistement-fino/

Vous avez jusqu’au 15 février pour vous désister des FINO, et il est à noter qu’il faut répéter cette procédure à chaque trimestre.

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(1) Université de Sherbrooke. https://www.usherbrooke.ca/etudiants/services-administratifs/frais-scolarite/fino/

 


Pour une Halloween plus féministe et moins raciste

Et oui, c’est le moment de l’année où la communauté étudiante retombe en enfance et se costume pour célébrer l’Halloween (avec un peu plus d’alcool que lorsque l’on avait 5 ans mettons)! Les costumes sont diverses. Par diverses, on entend qu’il y en a qui sont de mauvais goût, et d’autres qui génèrent des commentaires de mauvais goût.  Voici donc quelques conseils pour profiter au max de tes soirées sans devenir la personne offensante à qui on va dire « come on! On est en 2016! »

La pirate sexy
« En tout cas, c’est vraiment provocateur ce qu’elle porte! »
« Elle cherche juste de l’attention… »
« Qu’elle ne se plaigne pas s’il y a des mains baladeuses sur la piste de danse! »
Vous comprendrez que juger une femme par rapport à ce qu’elle porte est non seulement irrespectueux, mais peut éventuellement devenir dangereux, dans l’optique où ce genre de commentaires sous-entendent qu’il serait acceptable qu’elle vive du harcèlement ou une agression sexuelle, vu sa façon de s’habiller.
Avec l’émancipation sexuelle des femmes, les costumes d’Halloween depuis les dernières décennies ont bien évolué et, oui, à votre prochain party d’Halloween, vous allez sûrement croiser des épaules dénudées (scandale!) – ou d’autres bouts de peau non recouverts par du tissu. Gardez toutefois en tête que cette femme, à qui appartiennent ces épaules, est encore un être humain (oui oui) qui a le droit à la dignité et que son costume ne donne le droit à personne de porter atteinte à son intégrité physique et sexuelle. En résumé, une femme, au même titre que n’importe quel autre être humain, a le droit de porter ce qui lui plait, sans que personne n’ait de commentaires déplacés à lui faire.

La version sexy de tout ce qui est imaginable
Comme mentionné précédemment, chaque personne est libre de son choix de costume, mais aussi faut-il avoir une offre qui y correspond! L’offre de costume pour femmes est souvent limitée à la version sexualisée des costumes réguliers pour les hommes, comme si le genre féminin n’était réduit qu’à son aspect sexuel. Une femme qui veut se déguiser en super-héroïne sexy devrait avoir le droit de le faire, mais une femme qui veut se déguiser en super-héroïne – tout court – devrait aussi avoir ce choix-là, autre que celui de prendre la version masculine. Plus triste encore, ce phénomène est même présent dans le rayon pour enfants, pour les costumes de fillettes et d’adolescentes. Solution maison que plusieurs ont sûrement déjà adoptée : faites votre propre costume! Il s’agit souvent d’un choix plus original et est aussi plus économique et écologique!

La coiffe amérindienne
Se déguiser en une autre ethnie ou culture : un incontournable à chaque année! On parle ici de se déguiser en geisha, en personne amérindienne, porter le blackface… Peut-être que pour certaines personnes ces costumes sont incontournables, mais ils ne sont pas pour autant sans offense aux cultures et ethnies ainsi stéréotypées. On le sait, le but d’Halloween est de se déguiser en quelque chose que l’on n’est pas, mais trop souvent, ces costumes relèvent de la parodie plus qu’autre chose. On réduit l’identité des personnes issues de ces communautés à une poignée de stéréotypes par rapport à laquelle elles essaient souvent de se distancier. Si ces stéréotypes ne sont qu’assumés le temps d’une soirée pour les personnes qui choisissent ce type de costume, ils perdurent pour les ethnies et cultures ainsi caricaturées. Personne ne choisit son costume en se disant qu’il est raciste, personne n’a cette intention-là. Toutefois, il faut réaliser les conséquences et les impacts qu’ont nos costumes, porter attention aux revendications des différentes communautés ethno-culturelles, et, en gros, faire preuve de sensibilité par rapport à celles-ci.

 


LES 80 MILLIONS QUI DEVRAIENT REVENIR AUX ÉTUDIANTES ET ÉTUDIANTS…

LA BONIFICATION DE L’AIDE FINANCIÈRE AUX ÉTUDES EST LA REVENDICATION PRINCIPALE DE BON NOMBRE D’ASSOCIATIONS ÉTUDIANTES CETTE ANNÉE, UNE CAMPAGNE OÙ LA SEMPITERNELLE QUESTION « MAIS AVEC QUEL ARGENT? » N’A MÊME PAS À ÊTRE POSÉE.

Une petite mise en contexte
Le gouvernement fédéral a décidé dans son dernier budget d’investir 300 millions de dollars par an dans le programme canadien d’aide financière aux études, investissement financé par l’abolition des crédits d’impôt pour études et manuels scolaires (1). Toutefois, au Québec, nous avons notre propre programme de prêts et bourses; la population étudiante de la province, n’ayant pas le droit d’appliquer au programme canadien de prêts et bourses, serait donc privée d’une aide financière accessible aux étudiantes et étudiants des autres provinces et territoires. En guise de compensation, le gouvernement du Québec recevra 80 millions de dollars par année de la part d’Ottawa. L’enjeu actuel est de savoir où le gouvernement investira cet argent, sachant qu’il était tout d’abord destiné à l’aide financière aux études. (2)

Les revendications
Le ministre des Finances, Carlos Leitão, ainsi que la ministre responsable de l’Enseignement supérieur, Hélène David, n’ont pas été catégoriques quant à la direction dans laquelle sera redirigé l’argent. Les deux ont affirmé qu’il serait investi dans le budget de l’Enseignement supérieur, et Hélène David a ajouté en septembre qu’il était destiné à la communauté étudiante. Toutefois, la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et l’Union étudiante du Québec (UEQ), auxquelles s’est ajoutée la voix de l’Association générale des étudiantes et étudiants en sciences (AGES), ont des revendications plus précises, découlant d’injustices dans le Programme de prêts et bourses provincial qui ont été soulevées aux cours des dernières années. D’une part, les étudiantes et étudiants parents doivent inscrire dans leurs revenus les pensions alimentaires pour enfant perçues, alors que celles-ci devraient être plutôt considérées comme une aide additionnelle. Ce revenu «supplémentaire» vient bien sûr réduire l’aide financière que ces parents reçoivent pour leurs études. D’autre part, les dépenses admises dans le Programme de prêts et bourses ont augmenté de 18,8% depuis 1994, alors que, pour la même période, le coût de la vie a augmenté de 44,4%. Il y a alors une disparité entre la réalité et l’aide financière accordée à celles et ceux qui bénéficient du programme. Les demandes auprès du gouvernement provincial sont alors d’ajuster le Programme de prêts et bourses en y retirant les pensions alimentaires pour enfants dans le calcul de revenus et en harmonisant les dépenses admises au coût de la vie. (3)

Demandons un engagement au gouvernement du Québec qui va dans le sens ces revendications! Ajoute ton nom pour appuyer la campagne : http://80millions.ca/engagement/

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(1)  Les crédits d’impôt pour études et manuels scolaires servaient de compensation pour les frais reliés aux études postsecondaires autres que les frais de scolarité. Il s’agit de crédit d’impôts que les étudiantes et étudiants pouvaient réclamer pour diminuer leurs impôts à payer; s’il n’y a pas d’impôts à payer, et c’est le cas pour la majorité des personnes vivant dans la réalité étudiante, ces crédits pouvaient être reportés à une autre année financière ou être transférés à un parent ou grand-parent. Source : Raymond Chabot Grant Thornton. http://www.planiguide.ca/planiguide/module-3-education/deductions-et-credits/

(2) Tommy Chouinard. « Québec prié de remettre 80 millions dans la poche des étudiants », La Presse, 21 juin 2016. http://www.lapresse.ca/actualites/education/201606/20/01-4993942-quebec-prie-de-remettre-80-millions-dans-la-poche-des-etudiants.php

(3)  FECQ et UEQ. http://80millions.ca/la-solution/


 

AFFILIATION AU NATIONAL

AU-DELÀ DE L’AGES ET DE LA FEUS, IL EXISTE PLUSIEURS ASSOCIATIONS QUI TRAVAILLENT À PLUS GRANDE ÉCHELLE, C’EST-À-DIRE SUR LE PLAN NATIONAL : BRÈVE PRÉSENTATION DE LA SITUATION ACTUELLE ET DES TROIS ASSOCIATIONS NATIONALES.

Pourquoi avons-nous besoin d’une affiliation sur le plan national?
En s’affiliant à une association étudiante nationale, notre voix s’ajouterait à celles d’autres associations et nos revendications auraient une plus grande portée, de part le fait que les associations nationales ont plus de facilité à faire valoir leurs positions auprès d’interlocuteurs et d’interlocutrices d’envergure, comme le gouvernement. L’affiliation permet aussi la convergence des revendications ainsi que des ressources, qu’elles soient financières ou humaines, pour mener à termes des projets. Il existe à ce jour trois associations nationales, qui sont présentées brièvement ci-dessous : l’ASSÉ, l’AVEQ et l’UEQ. La Fédération étudiante de l’Université de Sherbrooke (FEUS), qui compte 14 000 membres et dont l’Association générale des étudiantes et étudiants (AGES) fait partie, a un mandat d’observation dans les instances de chacune des trois associations depuis l’automne 2016.

Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ)
70 000 membres (Cégeps et universités)
Une fédération comme la FEUS ne peut pas s’affilier à l’ASSÉ; seules les associations départementales ou facultaires, comme l’AGES, peuvent le faire.
Les septs principes de base de l’ASSÉ se retrouvent ici : http://www.asse-solidarite.qc.ca/asse/principes/
Pour plus d’information : http://www.asse-solidarite.qc.ca/  

Association pour la Voix Étudiante au Québec (AVEQ)
33 000 membres (Universités)
La FEUS peut s’y affilier en tant qu’association de campus. L’AGES peut s’y affilier de façon indépendante en tant qu’association facultaire
La FEUS a quitté la table de l’AVEQ suite à quelques différents – notamment par rapport à des questions de transparence et d’éthique – à la session d’hiver 2016. Il s’agit de remarques qui ont été faites lors des rencontres auxquelles a assisté la FEUS; les procédures de l’AVEQ pourraient avoir changé depuis.
Très largement, les positions de l’AVEQ tournent autour de cinq grands thèmes : l’éducation, la justice sociale, le féminisme, l’inclusion et l’environnement.
Pour plus d’information : http://aveq-nous.ca/

Union étudiante du Québec (UEQ)
72 000 membres (Universités)
Seule la FEUS peut s’y affilier.
Les membres de la FEUS se sont prononcés en référendum en mars 2016 contre l’affiliation à l’UEQ. Toutefois, la FEUS a un mandat d’observation aux caucus de l’UEQ, et ce, depuis le référendum, mandat qui s’est élargi aux deux autres associations nationales (ASSÉ et AVEQ) depuis l’automne 2016.
L’UEQ promeut une vision qui englobe la représentativité, l’unité et la solidarité.
Pour plus d’information : http://unionetudiante.ca/

L’autonomie, une autre option à considérer
La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) étant en dormance depuis avril 2015, la FEUS est indépendante, tout comme l’AGES. Les membres de ces deux associations pourraient décider de maintenir le statu quo, et ce, pour diverses raisons.

À l’intérieur même de la FEUS, il y a une diversité étudiante importante, qui se reflète dans les différents enjeux et positions que porte chacune des associations membres. Bien qu’il soit primordial que ces associations entretiennent de bonnes relations et s’unissent lorsque vient le temps de défendre des intérêts communs par rapport à notre université – union qui se traduit par la FEUS – il pourrait sembler illogique que, pour des enjeux plus idéologiques ou pour des luttes d’envergure nationale, la FEUS s’affilie en bloc à une association nationale, alors qu’elle compte en son sein une diversité importante d’opinions quant à ces enjeux. Il semblerait alors plus logique d’adopter un modèle d’affiliation par faculté où, justement, chaque association s’affilierait à une association nationale selon ses intérêts.

Pour nuancer les propos, il faut aussi savoir que l’affiliation de la FEUS à une association nationale aurait aussi ses avantages. Ce seraient 14 000 voix qui s’ajouteraient à une association nationale, ce qui donnerait spontanément plus de poids à cette association.

Que l’on décide de rester une association indépendante, de choisir l’affiliation facultaire ou encore de privilégier l’option de l’affiliation de la FEUS en bloc, ce qu’il faut savoir, c’est que la décision revient à vous, que ce soit par le biais de vos interventions dans les différentes instances de votre association ou fédération étudiante ou par votre vote lors d’un éventuel référendum!